La Cyberdépendance


Les ordinateurs et les smartphones ont pris une place considérable dans nos vies, Internet a “redimensionné” nos relations sur l’échelle de la planète… pour le meilleur mais aussi parfois pour le pire !

Dans une société régie par l’apparence, la consommation et la jouissance, des comportements problématiques de l’usage d’un PC et/ou du Net font des ravages dans la vie sociale et parfois professionnelle.
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“Cyber… dépendance ?”

Le terme “cyber” englobe tout ce qui est en rapport avec l’usage d’Internet (surf, réseaux sociaux, jeux vidéo, applications, jeux d’argent, pornographie…). La cyberdépendance est donc une dépendance, une addiction à cet univers.

“C’est comme une drogue alors ?”

Il y a des phénomènes comparables en effet : la personne dépendante ressent du plaisir lorsqu’elle se trouve devant son PC ou sur son smartphone (que ce soit pour parcourir les réseaux sociaux, pour jouer, visiter des sites de rencontres ou encore jouer de l’argent) et a besoin de plus en plus de temps pour cette activité pour ressentir le même plaisir. Pire, elle se sent irritable et dans les cas extrêmes, carrément dépressive lorsqu’elle est privée de son écran. Par contre, il n’y a pas de sevrage physique : tout se passe dans la tête.

“Au bout de combien d’heures par jour est-on dépendant ?”

Ce n’est pas uniquement une question de nombre d’heures, le problème, c’est quand le virtuel prend plus d’importance que la vraie vie : si ton copain refuse systématiquement de prendre un verre avec toi, de faire une partie de foot ou encore d’aller voir un concert parce qu’il a “des choses à faire” sur son pc, il est sur la mauvaise pente. Certains vont jusqu’à ne plus dormir ou se nourrir tellement ils sont  “collés” à leur écran et peuvent présenter des signes d’agressivité, voire de dépression, lorsqu’ils ne sont pas devant. L’aspect déterminant c’est la perte de contrôle par rapport à cette activité : on voudrait arrêter mais on ne peut pas, on ne se rend plus compte du temps qui passe et on a besoin de “toujours plus”. Pour reconnaître la cyberdépendance, on se base sur trois critères évoqués ci-dessus, qui doivent être présents simultanément et constatés depuis un certain temps.

“Ah oui, j’ai un oncle qui passait son temps sur des casinos en ligne, il a perdu tout ce qu’il avait !”

Oui, c’est une des formes de la dépendance. Pourtant, dans ce cas, il est probable que ton oncle était déjà dépendant au jeu (ou le serait devenu) : internet n’est qu’un moyen qui rend l’accès “très” voire “trop” facile à l’objet de son désir (ça peut aussi être les achats compulsifs ou le sexe).
Par contre, il y a des dépendances qui sont spécifiques à Internet : le “clavardage” (bavardage sur des messageries) ou les jeux vidéo en ligne par exemple.

“Ça concerne beaucoup de gens ?”

Même si depuis peu la dépendance aux jeux vidéos a été reconnue comme maladie sous le nom de “gaming disorder“ par l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé), il n’y a pas encore d’étude chiffrée sur laquelle on peut se baser. Pourtant, on peut dire que plus il y a de foyers connectés, plus il y aura de cas de cyberdépendants au sens basique de personnes qui souffrent dans leur vie sociale, affective et professionnelle de leur compulsion (impossibilité de faire autre chose) à utiliser l’Internet. Il est donc important de rester vigilant et d’informer les utilisateurs. La frontière est d’autant plus floue que l’utilisation d’Internet est socialement acceptée et même nécessaire parfois.

“Est-ce qu’il y a des personnes « à risque » ?”

Les jeunes sont les plus grands utilisateurs et donc les plus concernés. Ils peuvent avoir la sensation d’entretenir des relations plus facilement via Internet, d’être désinhibés (se sentir plus sûr de soi, moins complexé), ceux-là s’adonnent surtout aux rencontres, au “clavardage” et aux jeux vidéo : en s’inventant une autre vie, ils pensent échapper à la leur. Ensuite, il y a ceux qui sont dépressifs ou ont déjà une dépendance à une substance ou un comportement (jeux d’argent, pornographie…) et qui ne font que transposer sur le Net. Pour certains, ce sont surtout les achats compulsifs qui sont problématiques.

“Qu’est-ce qu’il faut faire pour sortir de ça ?”

D’abord, il faut encourager la personne à voir un psychologue ou un thérapeute spécialisé dans les dépendances. Une fois le diagnostic établi, il faut modifier les comportements et surtout soigner les causes, sinon on risque de développer d’autres dépendances.

En savoir plus
Cyberdependance.be : Informations sur les usages abusifs des jeux vidéo et des jeux en ligne.
Jarretequandjeveux.org : Site destiné aux enfants/parents/enseignant concernant l’addiction aux jeux vidéo.
Cliniquedujeu.be : Informations sur les addictions au jeux de hasard et d’argent ainsi que les les autres addictions comportementales.
Stopouencore.be : Faire le point sur sa consommation d’alcool, drogue, médicaments, jeu, Internet…
Infordrogues.be : Information, aide et conseil sur les problèmes de drogues.  
Jeunesetmedias.ch : La cyberdépendance
Arte : vidéo “Comment Snapchat nous rend addict ?
Vidéo de France Culture dans la série “Les idées claires” : Les jeux vidéo rendent-ils violents ?
Adresses utiles
ASBL PsyChic
54/B0 rue du Moulin
7100 La Louvière
064/22.25.71

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Infos
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113 Grand Rue
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Infos
Service de santé mentale de Jolimont
196-198 rue Ferrer
7100 Haine-Saint-Paul
064/23.33.48 (secrétariat-accueil)
 

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